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Portrait: Pascal Rivero Millet

2017. 04. 18.

iStudy

Réalisateur indépendant et professeur de cinéma à l’ipac Genève


Quel est votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai démarré un cursus aux arts appliqués en conception multimédia à Genève, étant passionné de vidéo je me suis orienté vers la SAE Institute à Genève dans la section cinéma et par la suite, j’ai effectué un stage de 8 mois chez Buxum Communication.

Le monde artistique, pour vous, qu’est-ce que ça représente ?

Dans le cinéma c’est avant tout de participer. Raconter des histoires, véhiculer des émotions à travers les images pour ensuite réunir un public qui peut s’identifier, ou s’opposer aux différentes sensations éprouvées après un film. Ce qui est similaire lorsqu’on regarde une affiche dans la rue, un tableau (William Turner de préférence). Le monde artistique est une expérimentation constante. Nous pouvons avoir de très beaux résultats comme de très mauvais. C’est ce qui nous fait exister et nous permet d’avoir toute sorte de sensibilité. 

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Pascal, qu’est-ce qu’implique l’enseignement dans ce domaine ?

Avant tout, il faut être passionné parce que l’on fait. C’est ce qui détermine l’envie aux élèves d’apprendre d’avantage, cela accroîtra leur curiosité et ils pourront ainsi développer leur créativité avec beaucoup d’aisance. Il ne faut pas oublier de les sensibiliser au monde professionnel en leur faisant part de certaines expériences éprouvantes mais qui restent bénéfiques dans l’apprentissage du monde artistique. Rester à l’écoute des étudiants est aussi très important, ils ne doivent pas se sous-estimer, chacun à un potentiel qu’il doit exploiter. Quelque que soit le domaine.

Est-ce dur pour les jeunes diplômés de trouver ensuite du travail ?

Malheureusement oui... Un étudiant fraîchement diplômé qui désire trouver du travail dans le cinéma, le graphisme, aura de la peine à trouver une place à Genève. Le problème n’est pas forcément la valeur du diplôme, mais la situation du marché du travail à Genève. Je vous mets en situation: Vous êtes dans un bar, la plupart des personnes présentes seront des banquiers (désolé pour le cliché), commerciaux, personnels de l’hôtellerie et de restauration et d’autres corps de métiers qui ne sont pas en relation avec le domaine artistique. En revanche, si vous prenez l’avion direction Londres (1 heure de trajet), vous rencontrerez des producteurs de film, des réalisateurs, des acteurs dans les lieux publics. La mentalité n’est pas la même à Genève, mais en Suisse Allemande ils font beaucoup de progrès. Il y a beaucoup d’opportunité, bien sûr pour trouver une place il faut parler le suisse-allemand (rires). Pour conclure, je me suis aperçu que beaucoup de collègues sont devenus des graphistes indépendants ou des réalisateurs en freelance. Ce qui peut être avantageux comme dangereux. J’espère ne pas découra- ger les futurs étudiants, mais l’important c’est de s’accrocher et de croire en ses compétences tout en restant humble.

Où est-ce que vous vous voyez dans dix ans ?

Vieux... (rires). Plus sérieusement, je ne sais pas encore. J’espère pouvoir être dans une situation agréable à vivre, l’objectif reste que j’aimerais réaliser de beaux films qui procurent toutes sortes de sensations et qui parlent aux spectateurs ; c’est eux qui nous permettent de pouvoir s’exprimer et partager les histoires que nous avons en tête.